Le laboratoire d’ingénierie pour le développement durable (LIDD)

Le laboratoire d’ingénierie pour le développement durable (LIDD), soutenu par le Fonds de développement durable de l’association des étudiants de l’ÉTS (FDDAÉÉTS), collaborent à un projet polaire en Antarctique

 

Depuis  plusieurs années, le LIDD reçoit l’appui du FDDAÉÉTS. En 2016, grâce à ce financement une stagiaire a pu travailler pendant  deux sessions sur un projet captivant, consistant à évaluer la faisabilité de l’installation d’un parc de cinq éoliennes sur une base de recherche polaire en Antarctique.

La base Dumont d’Urville, hôte du projet, se situe en Terre Adélie, dans un secteur de l’Antarctique situé en face de l’Australie. C’est d’ailleurs de ce pays que part chaque année le navire brise-glace Astrolabe ravitaillant la station. Le secteur de Terre Adélie est très venteux et en 2016 encore, le vent catabatique qui glisse sur la pente de la calotte de glace recouvrant le continent a atteint des vitesses de plus de 200 km/h. Bonne nouvelle, la première éolienne installée (Ropatec Megastar 20 KW) fin 2015, dans le cadre d’un projet auquel le LIDD a participé, a résisté à toutes les tempêtes. La figure 1  situe la base Dumont d’Urville, gérée par l’institut Paul-Émile Victor (IPEV), sur le continent Antarctique.

 

La figure 1 : Base Dumont d’Urville sur le continent Antarctique (source IPEV).

L’ajout des nouvelles éoliennes devait permettre de satisfaire 100% de la demande énergétique de la base, au moins durant certaines périodes de la journée. Le système à concevoir devait assurer le fonctionnement et la synchronisation des génératrices diesel installées sur le réseau, d’un pack de batterie, d’un volant d’inertie assurant le lissage des pics de demande énergétique, et des nouvelles éoliennes  à axe vertical d’une puissance de 20kW chacune.

Les motivations de ce projet sont d’ordre environnemental, car le milieu polaire antarctique est extrêmement protégé et les bases de recherche se doivent d’avoir le plus faible impact possible. De plus, au plan économique, l’énergie renouvelable éolienne est très compétitive dans cette région du continent antarctique ou la vitesse moyenne annuelle du vent se situe à 11m/s. Ensuite, les coûts de transport et d’approvisionnement en carburant diesel sont très élevés. À cela s’ajoute le fait que le débarquement du carburant entre le navire ravitailleur et la base Dumont d’Urville est toujours difficile et pourrait occasionner des déversements ayant des impacts environnementaux.

Ce projet sur lequel une stagiaire a pu travailler au sein du LIDD, soutenu par le FDDAÉÉTS, chemine vers une concrétisation par étapes, durant les futures missions qui seront pilotées par l’IPEV en Terre Adélie.  De nouvelles éoliennes seront installées au cours des prochaines saisons, et le développement d’un système de gestion et de contrôle de l’énergie est en cours d’étude.

Le LIDD remercie une fois de plus le FDDAÉÉTS pour le généreux soutien qui lui est apporté année après année.  Soutien sans lequel de nombreux projets n’auraient jamais pu être réalisés. Au cours de 2017-2018, le LIDD poursuivra ses projets et souhaite particulièrement concentrer son action dans le partenariat développé avec Oxfam-Québec. Si les projets se concrétisent, en début d’automne 2017, un concours devrait être lancé et les étudiants auront la possibilité de s’impliquer dans un projet d’aide au développement international piloté par Oxfam Québec.

Par Philippe Terrier et Natalia Nuño. Codirecteurs du LIDD