Sommet Climate Chance à Nantes 2016

Début octobre 2016, l’ouragan Matthew balaie les Caraïbes. Les médias parlent d’un monstre, les
populations sont mises en alerte, des milliers de personnes parmi les plus vulnérables ne survivront
pas à cet événement climatique et on parle de milliards de dollars en dégâtse. Inéluctable
phénomène climatique ou effet collatéral du réchauffement global, chose certaine l’intensité
croissante des désastres naturels témoigne d’un climat en pleine mutation.
Devant la hausse de ces désastres climatiques, agir devient urgent. C’est pour réfléchir à cette
question avec d’autres jeunes acteurs non étatiques issus de différentes communautés
francophones, que j’ai eu la chance de participer le sommet « Climat Chance » qui se tenait à la
place des congrès de Nantes entre les 26 et 28 septembre 2016. 37 ans après la Conférence de
Genève, qui marquait la première sonnette d’alarme d’un impact significatif de l’industrialisation
sur le climat, et dans la continuité des efforts mis en place par les conférences de Rio (1992), Kyoto
(1997), Copenhague (2009), ce sommet, organisé en marge du COP 21, nous devions trouver des
façons de sensibiliser la nouvelle génération et passer à l’Action. Au programme; plénières, ateliers
et réseautages .
Pour la première journée du sommet, une plénière d’ouverture réunissait tous les participants dans
l’amphithéâtre principal du palais des congrès qui était bondé. Les organisateurs de l’événement
attendaient quelques centaines de participants, c’est des milliers de personnes impliquées qui se
sont déplacées pour assister aux trois jours du sommet. Sur la tribune, la mairesse de Nantes,
accompagnée d’un panel de représentants issu de divers secteurs oeuvrant en environnement.
Entre autres, M. Hoesung Lee, président du GIEC, est venu nous rappeler l’importance d’agir
rapidement pour freiner l’escalade de la température globale. Il y eut aussi cette émouvante
intervention d’Hindou Oumarou, coordonnatrice de l’association des Femmes Peuples Autochtones
du Tchad, qui a pris la parole pour nous dire à quel point son peuple souffre du réchauffement
climatique. De la raréfaction de l’eau aux températures extrêmes observées, ces communautés
vulnérables saluent les bonnes intentions des pays développés, mais concrètement ils ne voient pas
les résultats de ces belles promesses. D’un côté le climat poursuit son réchauffement, de l’autre, les
fonds promis qui normalement devraient permettre l’adaptation des populations vulnérables ne
sont pas disponibles. Ce témoignage allait au-delà du beau discours politique, par son cri du coeur
Hindou Oumarou témoignait d’une réelle urgence d’agir!
Ainsi le ton était donné, l’heure de la diplomatie et des grands traités tire à sa fin, maintenant il faut
lier les paroles à l’action. L’on parle ici d’un changement de vision depuis Kyoto, aujourd’hui
l’urgence d’agir se fait concrètement sentir. L’on peut constater les effets du réchauffement
climatique qui sont annoncés depuis quelques décennies déjà. Les projections futures étant
relativement pessimistes, l’on ne peut que prendre très au sérieux les avertissements de la
communauté scientifique.
Pendant les trois jours que dura le sommet, les thèmes récurrents étaient l’urgence d’agir et les
modes de financement. Parce qu’en effet, il importe d’avoir les moyens de ses ambitions. Si 100
milliards de dollars par an ont été promis par les pays développés à la conférence de Copenhague,
sur le terrain on se demande comment accéder à ces fonds.
Mais encore, à l’heure où le réchauffement nous rattrape, nous avons maintenant deux fronts à
défendre : les moyens de freiner la hausse de la température et les mesures adaptatives des
populations impactées par ce chambardement climatique. De ce fait, un tel sommet réunit une
panoplie d’intervenants à différents niveaux. Certains tentent de promouvoir l’émergence de
technologies propres, d’autres oeuvrent dans l’humanitaire. Ma délégation faisait un peu des deux.
En effet, j’ai eu la chance de faire partie de la délégation « La jeunesse francophone pour l’eau »,
une initiative des « Offices Franco-Québécoise pour la Jeunesse » LOJIQ, appuyée par l’organisme «
Global Water Partnership ». Ce regroupement de jeunes émergea l’an passé à l’occasion de la
COP21. En marge de cet événement, 52 jeunes francophones se sont réunis pour discuter de leurs
préoccupations en matière d’enjeux hydriques et faire l’ébauche d’un plan d’action visant
l’implication de la jeunesse francophone. De tous ces échanges fut rédigé le livre blanc « Un Paris
pour l’eau », qui fut présenté à Mme Ségolène Royal. Ainsi, notre participation à Nantes avait
comme objectif d’assurer la pérennité de l’initiative, d’échanger entre participants et d’identifier
des partenariats pour sa mise en oeuvre.
Bien que le mouvement soit toujours embryonnaire, le dynamisme et les idées novatrices de la
jeunesse ne manquent pas. Spécialiste des bassins versants, juriste en droit international,
urbaniste, journaliste, pendant ces trois jours notre groupe a échangé sur les grandes
préoccupations environnementales. En ma qualité de technicien en assainissement des eaux,
participant activement à la recherche à l’ÉTS, j’ai eu l’occasion de partager ma passion des procédés
de traitement et d’apporter une vision plus technique aux problèmes hydriques. De plus, cet
événement m’a permis de mettre de l’avant nos grandes réalisations institutionnelles en matière de
développement durable, notamment la création du Fonds de développement durable de l’ÉTS, une
petite contribution collective permettant de financer des projets écoresponsables.
En retour, j’ai pris connaissance de plusieurs initiatives françaises impliquant directement les
jeunes. Notamment le groupe « Génération cobaye », qui fut créé et est piloté par des jeunes. Ce
mouvement tente de sensibiliser la population aux problèmes des perturbateurs endocriniens qui
se retrouvent tant dans l’eau que dans les produits de consommations courantes. Le sujet est
abordé de façon ludique tout en donnant de l’information pertinente.
En somme, ma participation au sommet de Nantes fut fort édifiante de par la possibilité d’échanger
avec des acteurs du changement, tous azimuts. Mais encore, j’espère avoir fait honneur à notre
belle institution en démontrant notre volonté ferme de sans cesse innover.
Mes remerciements au Fonds de développement durable (FDDAÉÉTS) de l’ÉTS ainsi qu’aux Offices
jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ) d’avoir participé financièrement à ce voyage.

Michaël Dubois,

Pour plus d’informations, Sommet Climate Chance à Nantes